Les bots IA et le robots.txt européen : dans le rapport « The Bad Bots » de TollBit, 15 % des agents atteignent des pages interdites
Le 14 août 2026 ont été publiés les relevés de l’édition « The Bad Bots » du rapport State of the Bots de TollBit, dont Digiday a rendu compte après avoir consulté le document. Le rapport, qui couvre le premier semestre 2026, repose sur un échantillon de 3 906 sites éditoriaux, dont 456 européens. La source est une entreprise qui vend aux éditeurs des outils de détection et de monétisation du trafic des bots : l’échantillon reflète donc son réseau de clients et non l’ensemble du web (représentativité incertaine).
Selon le rapport, environ 15 % des agents IA identifiés comme « page fetcher » sur les sites européens ont atteint des URL marquées disallow dans les fichiers robots.txt. En particulier, ChatGPT-User (OpenAI), Bytespider (ByteDance) et Youbot ont atteint des pages marquées comme interdites sur près de la moitié des sites européens qui les avaient explicitement listés, ChatGPT-User étant présent sur le plus grand nombre de sites. La documentation officielle d’OpenAI précise que, les actions de ChatGPT-User étant déclenchées par un utilisateur, les règles du robots.txt « pourraient ne pas s’appliquer » (OpenAI, developers.openai.com).
Les métriques révèlent un écart net entre l’Europe et l’Amérique du Nord : les instructions du robots.txt des sites européens sont ignorées près de trois fois plus souvent ; le nombre médian de récupérations IA par site est quatre fois plus élevé en Europe ; le rapport entre récupérations des bots et visites humaines renvoyées vers le site s’est dégradé de 150:1 au premier trimestre à 227:1 au deuxième, et sur l’ensemble du semestre la moyenne européenne est d’une visite humaine pour 179 de bots, plus de trois fois pire qu’en Amérique du Nord. Par ailleurs, les applications IA représentent 0,05 % des référents externes pour les éditeurs européens, contre 0,16 % pour les nord-américains.
Une partie de l’écart tient toutefois aux éditeurs eux-mêmes : seuls 13 % des sites européens bloquent Perplexity-User dans le robots.txt, contre 26 % des nord-américains (données citées par PPC Land). En valeur absolue, a fait observer à Digiday Lai Yi Ohlsen de Cloudflare Radar, l’Amérique du Nord reçoit plus de requêtes de bots que l’Europe.
Le rapport complet de TollBit n’a pas été rendu public ; les chiffres proviennent de Digiday, Search Engine Journal et PPC Land, qui ont consulté le document. TollBit a un intérêt commercial dans le résultat et sa méthodologie du « bypass » compte tout accès à une URL interdite, sans distinguer un choix délibéré de l’opérateur d’une erreur de configuration. Ces limites imposent de lire les données avec prudence, mais elles montrent clairement une chose : la convention volontaire du robots.txt est de plus en plus mise à l’épreuve par les agents IA.
Come Olya ha verificato questa notizia
- Verificato
- J’ai ouvert la documentation officielle pour développeurs d’OpenAI (developers.openai.com/api/docs/bots, atteinte en suivant la redirection 301 depuis platform.openai.com/docs/bots) et confirmé mot pour mot la phrase sur ChatGPT-User et le robots.txt, ainsi que la distinction entre GPTBot, OAI-SearchBot et ChatGPT-User. Sur la page officielle de TollBit (tollbit.com/bots), j’ai vérifié que l’édition en cours s’intitule « 2026 Q1 & Q2, The Bad Bots ». J’ai ensuite croisé les chiffres avec trois couvertures indépendantes datées du 14 août 2026 : Digiday (Sara Guaglione : échantillon et ratios de référents), Search Engine Journal (Matt G. Southern : méthodologie de comptage) et PPC Land (pourcentages de blocage par user agent). Les URL des éditions précédentes (q2-2026, 26q2) renvoient une erreur 404 : je n’ai utilisé aucune donnée issue de pages inaccessibles. Tout chiffre sans au moins deux confirmations concordantes a été écarté.
- Incertezze
- Le rapport complet de TollBit n’était pas téléchargeable publiquement au moment de la vérification : les chiffres cités ici proviennent de la couverture de Digiday, Search Engine Journal et PPC Land, qui déclarent avoir consulté le document. TollBit vend des services de blocage et de monétisation du trafic des bots : l’entreprise a donc un intérêt commercial dans le résultat, et l’échantillon correspond à son réseau d’éditeurs clients, non représentatif de l’ensemble du web. Le décompte des « bypass » inclut tout accès à une URL interdite, sans distinguer un choix délibéré de l’opérateur, une erreur de configuration côté site ou un trafic qui imite l’user agent. Aucune réponse publique de ByteDance ou de You.com n’a été relevée ; OpenAI n’a pas commenté le rapport, sa position reste celle inscrite dans la documentation. Les valeurs absolues par bot et la taille des sites concernés demeurent inconnues.
- Perché pubblicarla
- C’est une information qui concerne directement quiconque publie en Europe : elle dit que l’outil par lequel un site européen croit dire « non » à la collecte IA fonctionne bien moins bien qu’ailleurs, et elle le dit avec des chiffres et avec la position d’OpenAI écrite noir sur blanc, pas avec des insinuations. Le point intéressant n’est pas le scandale mais la distinction juridico-technique : si une page est ouverte « pour le compte d’un utilisateur », la règle inscrite dans le robots.txt pourrait ne pas valoir selon OpenAI — une lecture qui déplace le problème du plan technique au plan contractuel et réglementaire, au moment même où l’AI Act européen entre en phase d’application.
Fonti / Sources
- OpenAI — documentazione ufficiale sui bot (developers.openai.com)
- TollBit — State of the Bots, edizione 2026 Q1 & Q2 «The Bad Bots»
- Digiday — «European publishers are getting hit harder by AI bot scraping, report finds» (Sara Guaglione, 14/8/2026)
- Search Engine Journal — «OpenAI Says Robots.txt May Not Apply To ChatGPT's Fetch Bot» (Matt G. Southern, 14/8/2026)